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Restaurant qui travaille des produits locaux dans le Pas-de-Calais : ce qui se vérifie vraiment

il y a 2 jours
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Restaurant qui travaille des produits locaux dans le Pas-de-Calais : ce qui se vérifie vraiment

Sommaire




Introduction


Chercher une table qui travaille des produits de la région ressemble à une demande élémentaire. Dans les faits, aucun annuaire public ne répond directement à cette question dans le Pas-de-Calais.


La réponse utile tient en trois vérifications : ce que la carte dit de la provenance des viandes, ce que la vitrine porte comme titre d'État, et ce que devient un fournisseur nommé quand on le cherche dans un annuaire agricole. Tout le reste relève de l'indice, jamais de la preuve.


Ce qui suit sépare donc ce qui engage juridiquement un restaurateur de ce qui ne l'engage à rien. La mention fait maison, pour prendre le repère le plus connu, ne dit absolument rien de la provenance des produits.


Chez Madeleine met en avant sur son site des producteurs locaux et une cuisine intégralement faite maison, et le texte exact de ces blocs est repris plus bas. Sur ses quatre salles, deux se trouvent en Pas-de-Calais, à Bruay-la-Buissière du côté de l'Artois et à Noyelles-Godault vers le bassin minier.


Suivent les repères opposables, la saisonnalité réelle d'un mois de novembre dans la région, et la courte liste des questions qui valent la peine d'être posées en salle. Chaque donnée est rattachée à sa source officielle.



Où trouver un restaurant qui utilise des produits locaux dans le Pas-de-Calais ?


La réponse honnête commence par un constat désagréable : aucune liste officielle de restaurants engagés sur l'approvisionnement local n'existe dans ce département. Ni l'État, ni la préfecture, ni la Région ne publient un tel registre.


Il faut donc partir des signes opposables que porte l'établissement lui-même, et non d'un classement. Deux d'entre eux se lisent sur place sans rien demander à personne, le troisième suppose une question.


Le terme de circuit court a d'ailleurs un sens précis : une distribution qui ne compte au plus qu'un intermédiaire entre le producteur et le consommateur. La vente à la restauration traditionnelle en fait partie, au même titre que la vente directe sur un marché.



Les trois portes d'entrée qui fonctionnent


La première est l'affichage de l'origine des viandes, obligatoire sur la carte ou sur un support visible du client. Son absence constitue une infraction, et sa présence vous livre un pays d'élevage et un pays d'abattage.


La deuxième est la plaque de Maître Restaurateur, seul titre délivré par l'État, et son référentiel traite précisément de la façon dont les produits entrent en cuisine. La troisième consiste à faire nommer un fournisseur, puis à le chercher dans un annuaire agricole public.


Aucune de ces trois portes ne donne une part chiffrée de produits du département dans l'assiette. Elles donnent un faisceau, et ce faisceau suffit largement à départager deux adresses.



Pourquoi les moteurs de recherche répondent mal à cette question


Les plateformes d'avis classent les tables par note et par popularité, jamais par mode d'approvisionnement. Une requête sur les termes produits locaux remonte donc les établissements qui emploient l'expression dans leur communication, sans qu'aucun tiers ne l'ait contrôlée.


La formule n'est en effet protégée par aucun texte, contrairement à une appellation d'origine. Un restaurant peut l'écrire sans encourir autre chose qu'un contrôle de la direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.


Ce contrôle existe pourtant bel et bien. Sur dix mille vérifications d'origine française menées en 2024, l'administration a relevé 34 % d'anomalies, principalement sur les fruits et légumes, la viande et les alcools.



Ce que le département met réellement dans les assiettes


Avant de chercher une table, il est utile de savoir ce que le Pas-de-Calais produit vraiment. Le mémento agricole régional publié en janvier 2026 par la direction régionale de l'agriculture en donne les ordres de grandeur, sur des données de 2024.


Le département comptait 5 733 exploitations au recensement de 2020, contre 6 734 dix ans plus tôt. Elles travaillent 450 685 hectares, soit quatre-vingts hectares par exploitation en moyenne.



Les cultures qui dominent le paysage


Le blé tendre occupe 151 400 hectares dans le seul Pas-de-Calais, la betterave industrielle 36 541 hectares et la pomme de terre de consommation 28 385 hectares. Rapporté aux Hauts-de-France, cela représente six pommes de terre françaises sur dix.


L'endive reste la culture la plus emblématique du territoire, avec 2 690 hectares de racines pour 69 133 tonnes dans le département. La région fournit 86 % des chicons produits en France.


Les légumes de plein champ complètent le tableau : 9 992 hectares de petits pois, 1 889 hectares de haricots frais, 1 031 hectares de carottes et 769 hectares d'oignons. Ces volumes alimentent la conserverie et le surgelé autant que les étals.



L'élevage et le lait


Le Pas-de-Calais héberge 335 400 bovins, dont 88 400 vaches laitières et 40 200 vaches nourrices. Les livraisons de lait à l'industrie y atteignent 7 152 milliers d'hectolitres, soit près d'un tiers du lait régional.


Le même document ne ventile en revanche ni les effectifs porcins ni les effectifs avicoles par département. Un restaurateur qui annonce une volaille du secteur dit donc quelque chose que la statistique publique ne permet pas de recouper directement.



Le premier port de pêche de France


Boulogne-sur-Mer est la première criée française en volume, avec environ 32 500 tonnes commercialisées en 2025 selon le bilan du port. Les ventes déclarées des navires français y atteignaient 18 172 tonnes en 2024, soit 12,6 % du total national selon FranceAgriMer.


Les deux chiffres ne mesurent pas la même chose, et l'écart n'est pas une erreur : la criée agrège tous les apports commercialisés sur place, là où la statistique nationale ne retient que ce que les bateaux français y ont vendu. Le port annonce par ailleurs plus de soixante-dix espèces mises à quai chaque jour.


Les espèces les plus présentes à la criée en 2025 sont la sardine, le lieu noir, la coquille Saint-Jacques, le maquereau et le merlan. La filière de transformation régionale employait 2 641 salariés dans 53 établissements à la fin de 2023.


C'est cette proximité qui explique la place des produits de la mer sur les cartes des restaurants de la région. Elle n'autorise pour autant aucune généralisation : un poisson vendu à Boulogne-sur-Mer peut avoir été pêché très loin de la Manche.



Les productions sous signe officiel de qualité


Les volailles de Licques sont reconnues en indication géographique protégée depuis 1996, sur une aire qui couvre le pays de Licques et le Boulonnais. Elles représentaient 1 471 tonnes pour 70 exploitations dans le dernier inventaire régional, qui porte sur 2023.


L'agneau des prés-salés est en appellation d'origine protégée sur une aire d'environ 480 communes, qui couvre les marais de la baie de Somme et ceux de la baie d'Authie, dans le Pas-de-Calais. L'ail fumé d'Arleux, reconnu en 2013, compte vingt-sept communes du département dans son aire.


Le lingot du Nord et les pommes de terre de Merville ont une aire centrée sur la vallée de la Lys, à cheval sur les deux départements. Le genièvre Flandre-Artois a son organisme de défense à Houlle, dans le Pas-de-Calais.


Deux produits très cités méritent une mise au point. La mimolette et la bière de garde ne bénéficient d'aucune appellation ni d'aucune indication géographique, et le potjevleesch pas davantage.



L'origine des viandes, la seule information que la loi impose


Un seul dispositif français porte véritablement sur la provenance et s'impose au restaurateur. Il concerne les viandes, et son histoire récente explique bien des confusions.


Le décret du 26 janvier 2022 avait élargi l'obligation au porc, au mouton et à la volaille, mais à titre temporaire : il a cessé de s'appliquer le 29 février 2024. Le décret du 13 février 2025 l'a rétabli sans limitation de durée, et il s'applique depuis le 19 février 2025.



Ce que vous devez pouvoir lire


L'information doit être lisible et visible, par affichage, sur les cartes, sur les menus ou sur tout autre support. Elle porte sur les viandes bovine, porcine, ovine et de volaille achetées crues par l'établissement.


Quand la naissance, l'élevage et l'abattage ont eu lieu dans un même pays, la mention prend la forme du mot Origine suivi du pays. Quand les pays diffèrent, le bovin se signale par né et élevé puis abattu, les autres espèces par élevé puis abattu.


Cette obligation vaut pour les repas servis sur place comme pour ceux qui sont emportés ou livrés. Elle s'applique à la restauration commerciale et à la restauration collective.



La limite du dispositif, et elle est large


Les viandes achetées déjà préparées ou cuisinées sortent du champ du décret de 2025. C'est la principale faille du dispositif, et elle explique qu'un plat élaboré puisse rester muet sur son origine.


Un décret du 4 mars 2024 avait bien étendu l'obligation aux viandes transformées employées comme ingrédients. L'administration a toutefois indiqué qu'il ne pouvait pas être pleinement appliqué tant que les fournisseurs ne sont pas tenus de transmettre l'information d'origine.


Retenez donc la règle utile : plus un plat est transformé en amont, moins la loi vous renseigne. Un morceau cuisiné sur place à partir d'une pièce crue est, de ce point de vue, bien plus bavard qu'une préparation livrée toute faite.



La mention fait maison, et le malentendu qu'elle entretient


Le logo en forme de casserole surmontée d'un toit est devenu le repère grand public de la cuisine sincère. Il ne dit pourtant rien de la provenance des ingrédients, et c'est la confusion la plus répandue sur le sujet.


Le décret du 6 mai 2015 définit le plat fait maison comme un plat élaboré sur place à partir de produits bruts. Un produit brut est cru et non assemblé avec un autre produit alimentaire, le sel excepté.



Ce que la mention garantit


Elle garantit un lieu de transformation, celui où le plat est servi, et exclut donc les cuisines centrales. Les traiteurs et les commerçants ambulants font exception et peuvent préparer ailleurs.


Elle exige qu'au moins un élément du plat soit fabriqué par le cuisinier. Un plat composé uniquement de produits admis par dérogation, tel un simple sandwich, ne peut pas être annoncé comme fait maison.


La congélation, en revanche, ne fait pas perdre le caractère brut d'un produit. Un plat fait maison peut donc partir d'un légume surgelé ou d'une pièce de viande conditionnée sous vide.



Ce qu'elle ne garantit pas


Elle ne garantit aucune origine, ni locale, ni régionale, ni même française. Le texte ne porte que sur le lieu de transformation et sur l'état de la matière première au moment où elle entre en cuisine.


Elle ne fait l'objet d'aucun contrôle préalable : il n'existe ni certification, ni examen, ni labellisation en amont. L'administration intervient seulement a posteriori, sur le terrain de la pratique commerciale trompeuse.


Une liste dérogatoire autorise enfin des produits transformés sans perte de la mention : charcuteries hors terrines et pâtés, fromages, pain, pâtes, condiments, chocolat, café et alcools. La pâte feuilletée en a été retirée en 2015, et doit donc être travaillée sur place.



Une réforme annoncée, toujours pas publiée


Une refonte de la mention a été annoncée le 11 décembre 2025 à la clôture des assises de la restauration, avec l'objectif affiché de valoriser l'approvisionnement agricole local. En juillet 2026, le texte en était encore au stade du projet de décret.


Tant qu'il n'est pas paru, le décret de 2015 demeure la seule référence applicable. L'affichage reste facultatif, et une maison peut parfaitement tout préparer elle-même sans jamais l'écrire nulle part.


La profession le confirme à sa manière : selon une enquête publiée en décembre 2025 par le groupement des hôtelleries et restaurations de France, 92 % des restaurateurs déclarent cuisiner majoritairement maison, mais seule la moitié l'affiche. L'absence du logo n'est donc pas un verdict.



Maître Restaurateur, Saveurs en'Or : ce qui existe et ce qui n'existe pas


Parmi les signes affichés en vitrine, un seul est délivré par l'État : le titre de Maître Restaurateur. Il est accordé par le préfet du département où l'entreprise est immatriculée, qui peut également le retirer.



Le titre de Maître Restaurateur


Son cahier des charges couvre cinq thèmes depuis 2026, et le premier porte sur l'origine et la transformation des produits. Les critères environnementaux et d'accessibilité constituent la nouveauté de cette réforme.


Le cœur de l'exigence tient en une phrase : une cuisine réalisée dans l'établissement, avec des produits achetés majoritairement frais, sans assemblage ni plats préparés. Le non-respect d'un seul critère fait obstacle à la délivrance du titre.


Un audit externe est obligatoire, réalisé par un organisme certificateur agréé choisi sur une liste arrêtée par le ministre, puis transmis au préfet. Depuis le décret du 10 juillet 2026, le titre est valable cinq ans au lieu de quatre.


Le repère visible, pour le client, est une plaque officielle apposée à l'entrée, accompagnée du logo du titre. De tous les repères passés en revue ici, c'est le seul qui atteste d'un contrôle par un tiers sur la façon de travailler les produits.



Les marques régionales, et leur limite


La marque Saveurs en'Or, créée en septembre 2004, identifie des produits issus de la région des Hauts-de-France ou transformés sur son territoire. Un restaurateur peut afficher son logo s'il propose chaque jour, au menu du jour, des produits portant cette marque.


La nuance compte beaucoup : un produit transformé dans la région n'est pas forcément un produit dont les matières premières en viennent. Le cahier des charges détaillé et l'organisme certificateur ne sont d'ailleurs pas publiés sur le site de la marque.


Le réseau Bienvenue à la ferme, porté depuis 1988 par les chambres d'agriculture, repose sur une charte, onze cahiers des charges et des visites de contrôle. Il reconnaît des exploitations agricoles, fermes-auberges comprises, et non des restaurants de ville.



Ce qu'il est inutile de chercher


Il n'existe aucun annuaire d'État des Maîtres Restaurateurs : la page officielle renvoie vers celui de l'association française des maîtres restaurateurs, qui est associatif et non un registre public. La préfecture du Pas-de-Calais ne publie pas de liste consultable.


Il n'existe pas davantage de liste publique des restaurants Saveurs en'Or, ni aucune marque régionale des Hauts-de-France certifiant l'approvisionnement d'un restaurant. Le titre de région européenne de la gastronomie, porté en 2023, était une démarche d'animation collective et non une garantie d'achat.


Un dernier repère circule, celui du collège culinaire de France et de sa reconnaissance entre pairs. C'est une démarche privée et associative, qui ne constitue ni un label public ni un signe officiel de qualité.



Lire une carte en novembre, l'épreuve de vérité


La cohérence saisonnière est le test le plus simple à mener soi-même, car il ne demande ni plaque ni logo. Une carte de novembre qui propose des légumes d'été s'approvisionne forcément loin, et rien ne le dira aussi clairement.



Ce qui est de saison dans le Nord au mois de novembre


Côté légumes, la saison est celle de l'endive, du poireau, de la carotte, du navet, du céleri, du chou-fleur, de la courge et du panais. Le topinambour, le rutabaga et le champignon cultivé y figurent également.


Le cahier des charges du label rouge endives de pleine terre autorise la mise en couche du premier septembre au 15 avril et le conditionnement du premier octobre au 31 mai. Novembre tombe donc en pleine saison, et cette fois la saisonnalité est opposable par un texte.


Côté fruits, on trouve la pomme, la poire, le kiwi, le raisin, la noix et la châtaigne. Les courgettes et les aubergines, elles, arrivent du bassin méditerranéen à cette période de l'année.


C'est tout l'intérêt d'une carte qui suit les saisons : elle se juge d'un coup d'œil, avant même d'entrer. Un plat de saison mal placé dans le calendrier est le signe le plus accessible au client.


Le gibier obéit, lui, à un calendrier départemental. Pour la campagne 2026-2027, l'arrêté du Pas-de-Calais ouvre notamment le sanglier et le chevreuil jusqu'à la fin février, le lièvre jusqu'au 29 novembre 2026 et la perdrix grise jusqu'au 6 décembre 2026.



La mer, et la prudence qu'elle impose


La coquille Saint-Jacques est une pêcherie à saison fermée, encadrée chaque année par un arrêté de la direction interrégionale de la mer. Elle n'est donc jamais disponible toute l'année, et les dates d'ouverture changent d'une campagne à l'autre.


Mieux vaut pour cette raison ne pas se fier à une date apprise l'an passé. La campagne en cours se vérifie auprès de l'arrêté de l'année, et une salle sérieuse saura dire si l'espèce est ouverte ou non.


La harengaison se fête en novembre sur les quais du Nord et du Pas-de-Calais, de Boulogne-sur-Mer à Étaples. Le seul signe officiel attaché à ce poisson porte sur les filets de hareng fumé doux, reconnus en label rouge.



Les indices qui n'en sont pas


Une carte courte, une ardoise manuscrite ou des plats qui changent souvent sont des indices agréables, mais aucune source officielle ne les relie à un approvisionnement local. Une maison peut tenir une ardoise et travailler des produits venus de très loin.


La mention d'un nom de producteur vaut nettement mieux, parce qu'elle est vérifiable en quelques instants. C'est le seul élément de cette famille d'indices qui se recoupe vraiment, nom en main, et c'est justement l'objet de la dernière section.



Ce que Chez Madeleine annonce sur ses propres pages


Le site de l'enseigne porte un bloc intitulé producteurs locaux, dont le texte est sans ambiguïté : « Nous privilégions des producteurs locaux dès que possible, afin de garantir la qualité et la saisonnalité de nos produits. » La citation est reprise mot pour mot, telle qu'elle est publiée.


Un deuxième bloc affirme que tous les plats sont faits maison, et un troisième que les produits frais sont sélectionnés auprès de partenaires de confiance. La maison annonce par ailleurs un rendez-vous mensuel baptisé du producteur à l'assiette, diffusé sur ses réseaux.


Ces formulations sont des déclarations de l'enseigne, et le site n'affiche aucun label officiel, ni titre de Maître Restaurateur, ni marque régionale. Les présenter ainsi évite de leur prêter une garantie qu'elles n'ont pas, et laisse au lecteur le soin de poser ses questions en salle.


Aucun nom de producteur n'est en revanche cité sur les pages des restaurants. C'est précisément la question à poser au téléphone, et notre article sur la cuisine maison et les produits frais détaille ce que la maison met en avant par ailleurs.



Deux salles dans le Pas-de-Calais, deux dans le Nord


Dans le Pas-de-Calais, la salle de Noyelles-Godault se tient au 28 rue de Beaumont et répond au 03 21 49 84 37. Celle de Bruay-la-Buissière se trouve au 14 rue Jean Joseph Etienne, dans la zone Porte Nord, et répond au 03 21 01 56 20.


Dans le Nord, Neuville-en-Ferrain reçoit promenade de Flandre, au 03 20 38 16 42, et Villeneuve-d'Ascq rue du Moulin Delmar, au rond-point de la Pilaterie, au 03 20 19 43 89. Les quatre salles annoncent un parking, une terrasse extérieure, un accès pour les personnes à mobilité réduite et une salle dédiée aux enfants.


L'orientation géographique est simple. Le Béthunois et le Bruaysis ont leur table à Bruay-la-Buissière, le bassin minier et le Douaisis à Noyelles-Godault, la métropole lilloise et le versant de Tourcoing à Neuville-en-Ferrain.


Villeneuve-d'Ascq a sa propre salle depuis la fin du mois d'octobre 2026. Il n'y a donc plus lieu d'envoyer un lecteur de la Pilaterie ou de la Haute-Borne faire la route jusqu'à Neuville-en-Ferrain.



Les plats régionaux de la carte


La carte annonce des plats qui relèvent du répertoire du Nord : filet de poulet au maroilles, andouillette, rougail, effiloché de bœuf basse température et crumble aux pommes. Le relevé plat par plat de Noyelles-Godault figure dans notre article sur les meilleurs plats à emporter.


Le maroilles est une appellation d'origine depuis 1976, mais son aire se situe dans le sud du département du Nord et le nord de l'Aisne, en Thiérache. Il est régional au sens large, pas au sens du département, et le dire ainsi est plus juste.


La même prudence vaut pour les spécialités régionales à emporter dans le département. Un plat du répertoire du Nord n'est pas, en soi, un plat de produits du Nord, et les deux notions se confondent souvent dans les recherches en ligne.



Vérifier par soi-même, en trois gestes


Trois vérifications suffisent, et aucune ne demande de compétence particulière. Elles se font avant de réserver, depuis un navigateur et un téléphone.



Lire, demander, croiser


Le premier geste consiste à chercher sur la carte en ligne la mention d'origine des viandes. Son absence est un signal, sa présence un renseignement utile sur les approvisionnements de la maison.


Le deuxième consiste à demander, au téléphone ou en salle, le nom d'un producteur et ce qu'il fournit. Une réponse précise renseigne déjà beaucoup, et une réponse embarrassée tout autant.


Le troisième consiste à retrouver ce producteur sur ouacheterlocal.fr, l'annuaire des chambres d'agriculture, qui référence 1 608 producteurs et points de vente des Hauts-de-France, avec des filtres par produit, par signe de qualité et par rayon. Ce service ne référence pas les restaurants, seulement les producteurs, et c'est là tout son intérêt pour un recoupement.



Les outils publics à connaître


Le site de l'institut national de l'origine et de la qualité permet de vérifier l'aire géographique réelle d'une appellation annoncée sur une carte. C'est ainsi que l'on constate que le maroilles n'est pas un fromage du Pas-de-Calais.


La plateforme frais et local, portée par le ministère de l'agriculture, recense par ailleurs les circuits de proximité par territoire. Un signalement d'allégation trompeuse se dépose, lui, auprès des services de la répression des fraudes, par leur plateforme en ligne.


Ces recoupements ne sont pas de la méfiance de principe. Sur 646 restaurants livrant à domicile contrôlés, l'administration a relevé 21 % d'anomalies, dont des tromperies sur la qualité et sur l'origine, dans une enquête publiée en août 2025.



Six repères et ce qu'ils garantissent vraiment


Le tableau ci-dessous résume les six repères évoqués dans cet article. Il distingue pour chacun ce qui est garanti et ce qui ne l'est pas, car c'est la confusion entre les deux qui égare le plus souvent.


Repère

Ce qu'il garantit

Ce qu'il ne garantit pas

Origine des viandes affichée

Le pays d'élevage et d'abattage des viandes achetées crues

Rien sur les viandes achetées déjà préparées ou cuisinées

Logo fait maison

Une élaboration sur place à partir de produits bruts

Ni origine locale, ni fraîcheur, ni contrôle en amont

Plaque de Maître Restaurateur

Un titre d'État audité, produits majoritairement frais

Une part chiffrée de produits venus du département

Logo Saveurs en'Or

Des produits issus de la région ou transformés sur son territoire

Que les matières premières en viennent

Appellation ou indication citée

Une aire géographique définie, vérifiable auprès de l'institut

Que cette aire soit celle du Pas-de-Calais

Nom de producteur annoncé

Un interlocuteur identifiable et vérifiable en annuaire

La part réelle de cet apport dans les approvisionnements


Aucune ligne de ce tableau ne donne, à elle seule, une certitude complète. Lues ensemble, elles permettent en revanche de distinguer une maison qui travaille réellement ses produits d'une maison qui en parle bien.



Cas de prestation illustratif : un déjeuner de famille en novembre


Ce qui suit est un exemple construit à titre d'illustration, et non le compte rendu d'une visite réelle. Il sert à montrer comment les repères de cet article s'enchaînent dans une situation ordinaire.


Une famille du Bruaysis cherche une table pour un déjeuner du dimanche, avec l'idée d'un repas qui ressemble à la région. La demande porte sur une dizaine de couverts, dont deux enfants en bas âge.


La personne qui réserve commence par lire la carte en ligne et y cherche ce qui est écrit sur la provenance des viandes. Elle repère ensuite plusieurs plats du répertoire régional, et un dessert annoncé comme maison.


Au téléphone, la question posée reste simple : quels plats du jour suivent la saison. La réponse mentionne des légumes d'hiver et un poisson du moment, ce qui concorde avec le mois de novembre.


Le choix se porte sur la salle de Bruay-la-Buissière, à quelques minutes du domicile, plutôt que sur celle de Noyelles-Godault, plus loin vers l'est. Le trajet évité pèse autant, dans ce genre de décision, que le contenu de l'assiette.


Le cas inverse mérite d'être mentionné. Un plat précis, absent de la carte du jour parce que la saison ne s'y prêtait pas, a conduit un autre foyer à repousser sa venue d'une semaine, et c'est en un sens la preuve que la saisonnalité était réelle.



Questions fréquentes


Où trouver un restaurant qui utilise des produits locaux dans le Pas-de-Calais ?


Il n'y a pas de liste à consulter : le département n'en publie aucune, et les plateformes d'avis ne classent pas les tables sur ce critère. Reste la vérification en trois temps décrite plus haut, qui part de ce qu'une carte est obligée d'écrire et se termine dans un annuaire agricole.


La mention fait maison signifie-t-elle que les produits viennent de la région ?


Non, et c'est le malentendu le plus répandu sur le sujet. Le texte de 2015 dit où le plat a été fabriqué et dans quel état la matière première est arrivée, mais il reste muet sur la géographie de cette matière première.


Un restaurant est-il obligé d'indiquer l'origine de ses viandes ?


Oui. Depuis le 19 février 2025, toute viande de bœuf, de porc, de mouton ou de volaille achetée crue doit voir son pays d'élevage et son pays d'abattage portés à la connaissance du client, sur un menu ou sur un affichage en salle.


Quels produits du Pas-de-Calais bénéficient d'une appellation officielle ?


Deux concernent le département au premier chef : les volailles de Licques, dont l'aire est le Pas-de-Calais, et l'agneau de prés-salés élevé notamment dans les marais de la baie d'Authie. Trois autres le concernent pour partie, l'ail fumé d'Arleux, le lingot du Nord et le genièvre distillé à Houlle.


Qu'est-ce qui est de saison dans le Nord en novembre ?


C'est la saison des racines et des feuilles d'hiver, endive et poireau en tête, avec les courges et les premiers panais. Les fruits de garde prennent le relais des fruits d'été, et la criée de Boulogne-sur-Mer dicte le reste du menu possible.


Chez Madeleine travaille-t-il des produits locaux ?


L'enseigne l'écrit sur son site, en ces termes, et sans label officiel à l'appui. C'est donc une parole d'enseigne, utile à connaître mais qui se vérifie en salle, la carte du jour sous les yeux.



Réserver une table Chez Madeleine


Chacune des quatre salles prend ses réservations directement, et c'est la plus proche de chez vous qui répondra le mieux à une question sur sa carte du jour. Les numéros des quatre restaurants figurent sur leur page respective.


Horaires, accès et cartes se consultent restaurant par restaurant sur le site de Chez Madeleine. Pour une tablée nombreuse, précisez la date et l'effectif dès le premier message, et la salle concernée vous répond.


 
 
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